GUIDE DES TERROIRS REGIONAUX

HISTORIQUE DE LA REGION SAVOIE

C'est Pline l'Ancien et Columelle qui ont célébré les vins de l'Allobrogie qui ont servi avec honneur les vins de Savoie sur les tables de Lucullus et d'Antoine.Ayze, l'un des vignobles les plus réputés de la région, fut signalé par saint François de Sales comme la paroisse de "la mère l'Eglise sur les vignes".

Au Xe siècle, le vignoble de Monterminod (alors "Mons Ermenaldi") fut donné à l'abbaye de Cluny "afin de réconforter et mettre en liesse les bons moines de cette abbaye", qui venaient de fonder une colonie sur les bords du lac du Bourget.

On sait aussi que l'un des meilleurs cépages actuels, la Roussette, fut importé de Chypre sous le nom d'Altesse par un croisé, le comte de Mareste, pour Anne de Lusignan. Nous nous garderons certes de critiquer un si bon usage des Croisades.

A partir de 1050, une première charte a été mentionnée à Seyssel en Haute Savoie, mentionnant la culture viticole. D'ailleurs par la suite on aura des traces à Apremont et à Abymes vers 1247 au sommet du mont Granier. Vignoble injustement inconnu des amateurs, c'est une curiosité incontestable de faire de la vigne dans une région antourées de lacs st de montagnes souvent enneigées.
En 1774, le marquis Costa fait encore écho à la légende et conclut : « Ce n’est plus du vin de Chypre, mais c’est un vin fin, de beaucoup de qualités et qui conserve une distinction très grande au-dessus des meilleurs vins blancs du pays .»

Savoyard d’origine, le docteur Ramain affirmait qu’autrefois on ne comptait pas moins de soixante-cinq crus. Ils restent fort nombreux.

Au moyen âge… influence de l’église :
C’est ensuite au moyen age que l’on voit apparaître dans les chartes, le nom des vignobles les plus connus. La plupart des documents auxquels on se réfère sont des actes provenant des archives de monastères ou de prieurés car partout les propriétés de l’église, déjà importantes, allaient en s’amplifiant du fait de nombreuse donations. Cependant, les moines ne se contentaient pas d’amasser les biens, mais pratiquaient de nombreuse expériences tant en matière de conduite de la vigne que dans le domaine de la vinification, de telle sorte que la qualité des vins savoyards allait en s’améliorant.

Du moyen âge à la révolution…démocratisation de la viticulture :

L’ abolition progressive du servage, et l’émergence de la bourgeoisie précipitèrent le déclin des propriétés seigneuriales. Elles entraînèrent une redistribution des terres et un important morcellement du vignoble. Du 16e au 18e siècles, le vignoble s’étendit vers des versants pentus jusqu’à des altitudes proches de 1000 m, mais il glissa aussi vers des sols plus fertiles de la plaine. Ces extensions, conjuguées avec la plantation de cépages médiocres altérèrent la qualité du vin. Pour tenter de remédier à cette situation, on tenta, dès 1556, de limiter l’emprise de la vigne à un tiers de la surface de l’exploitation agricole et le duc Emmanuel. Philibert institua, par un édit de 1559, le ban des vendanges dans le but de favoriser la récolte des raisins mûrs.
Mais, ces mesures réglementaires eurent peu d’effet car la vigne, plus rémunératrice que les cultures traditionnelles, représentait une part de plus en plus importante du revenu du paysan. Une situation de surproduction chronique s’installa en Savoie. Elle persista jusqu’à la seconde moitié du 18e siècle, incitant le marquis Costa de Beauregard à faire quelques mises au point : « la Savoie a beaucoup de vignes. C’est peut-être une des causes de sa misère. Quand le abonde, on s’y accoutume et on boit beaucoup. Quand il manque, on ne peut plus s’en passer : le prix devient alors excessif et donne à cette denrée une valeur qui lui fait supporter le transport des vins étrangers. Non seulement on a perdu une récolte précieuse, mais encore on s’épuise pour la remplacer » ou encore : « le labourage et la vigne doivent faire deux métiers séparés… ils se nuisent réciproquement ».

De la révolution à la fin du 19e siècle…« l’effet phylloxéra »
De manière générale, la révolution de 1789 eut des répercutions favorables sur le développement de la vigne en Savoie : l’accession des fermiers à la propriété par le rachat de vignobles devenus biens nationaux réduisit le métayage agricole et généralisa le faire-valoir direct. Cette évolution se traduisit par un soin accru apporté au vignoble. Au début du 19e siècle, la qualité des vins savoyards apparaît très hétérogène. Cela tient à la fois aux expositions très diverses, à la grande variabilité altitudinale, mais aussi à la variété des cépages utilisés ainsi qu’aux modes de conduite choisis, les ceps hautains sont encore très répandus.
L’annexion de la Savoie à la France eut finalement des conséquences moins catastrophiques que celles auxquelles on aurait pu s’attendre. L’entrée en concurrence des vins savoyards avec les vins du midi français s’effectua peu avant la crise du phylloxéra, crise qui remit en question toutes les données préexistantes. Le phylloxéra fit son apparition en Savoie en 1877. Dès 1883, des syndicats de défense au sulfure de carbone furent crées dans une dizaine de communes. Mais en 1885, 55 des 65 communes viticoles étaient phylloxérées. Parallèlement, le mildiou était apparu en 1878 et l’oïdium en 1880.
Tous ces malheurs n’entraînèrent cependant pas une réduction de la surface du vignoble. En effet, le remède du greffage sur porte-greffe américain ayant été découvert à la fin des années 1880, un vaste mouvement de replantation, encouragé par les prix élevés consécutifs à la réduction du vignoble méditerranéen, permit de compenser les destructions dues au phylloxéra.
La reconstitution du vignoble s’accompagna de profondes transformations :
- au niveau de l’allure du vignoble tout d’abord : on enregistra une quasi disparition des hautains au profit des treilles simples en bordure de champs, de vignes hautes avec ou sans culture intercalaire ou de vignes basses.
- au niveau de la structure foncière ensuite, puisque la crise contribua à l’élimination presque totale de l’aristocratie viticole. Les grands propriétaires, privés pendant près de dix ans du revenu de leurs vignes, rebutés par les frais énormes de reconstitution, préfèrent vendre pour chercher ailleurs des placements moins précaires.
- au niveau des soins donnés à la vigne enfin, puisque Mr. Fleury-Lacoste, alors président de la société centrale d’agriculture, fit paraître en 1865 un guide pratique du vigneron dans lequel il exposait les nouveaux procédés de taille de la vigne.Au 20e siècle, s’achève donc un véritable renouveau du vignoble savoyard, dû en grande partie aux recherches visant à sa meilleure mise en valeur et au développement considérable de la culture de la vigne, surtout en zone basse.

Dans la 1ère moitié du 20e siècle : concentration des surfaces, recherche de la qualité . . Une crise viticole, due essentiellement au gain de production des vignobles du midi entièrement replantés va se poursuivre jusqu’en 1905. La première guerre mondiale aura d’importantes répercutions sur la viticulture : le manque de main d’œuvre ou son prix élevé contribuant à l’abandon de certains coteaux à la friche ou à l’arrachage et à la transformation en prairie.
Cependant, la replantation se poursuit dans les situations plus faciles du fait de l’abondance des récoltes et de l’importante augmentation des prix. La mévente de la récolte de 1922, l’arrivée de la crise de 1930, la dénatalité et l’urbanisme naissant, engendrent un nouveau recul et les parcelles en pente sont de nouveau abandonnées.
La seconde guerre mondiale accentuera encore le mouvement de concentration, mais de façon moins nette qu’on aurait pu le craindre.
La vigne a donc largement participé à l’élaboration du paysage savoyard. Elle garde aujourd’hui la place privilégiée qu’elle a toujours occupée, mais ses traits actuels ne sont que le reflet de ce qu’elle était autrefois.
Le vignoble couvre actuellement une aire géographique très limitée qui a subi une double réduction :
- réduction altitudinale : la vigne atteignait la limite de ses possibilités dans beaucoup d’endroits.
- réduction spatiale : elle s’est concentrée dans les secteurs les plus favorables à sa culture, gage d’une qualité plus constante.
Si elle demeure l’une des cultures les plus prisées de Savoie, la vigne n’est cependant pas à l’abri de risques dus principalement aux aléas climatiques. Certaines campagnes récentes en témoignent avec acuité.
La Savoie compte 1 800 ha de vigne pour 130 000 hl environ et en année moyenne. Les blancs sont en majorité. A la Savoie proprement dite (1 300 ha) s’ajoutent la Haute-Savoie, l’Isère et l’Ain.

RELIEF

Avec une altitude moyenne de 1 500 m, 36 sommets de plus de 3 500 m et 107 de plus de 3 000 m, la Savoie s’identifie comme un département de haute montagne dans lequel on a peu de chances de découvrir des vignobles.

Mais les glaciers du quaternaire ont modelé de grandes vallées et, en se retirant, abandonné d’importantes quantités de roches arrachées aux sommets et aux versants : les moraines. Ces amas ainsi que les cônes de déjection torrentiels ou les effondrements accidentels (Granier), combinés à des conditions altitudinales (entre 300 et 600 m) et à des expositions propices constituent des sites privilégiés pour l’implantation de la vigne.

CLIMAT

En dépit de son caractère montagneux, la Savoie présente un climat étonnement tempéré, sa dominante continentale étant modulée par de fortes influences océaniques. Mais c’est surtoutle contraste des situations, trouvant son origine dans les différences d’altitude, qui apparaît le plus marquant.

Les précipitations, augmentant avec l’altitude, atteignent un niveau relativement élevé en Savoie (1 200 mm par an), mais sont réparties de façon homogène (environ 150 jours) sur les différents mois de l’année. Du fait de l’installation du vignoble sur des sols souvent pentus et généralement bien drainés, l’importance des apports d’eau n’est pas gênante.

Par contre, leur régularité favorise le développement des maladies cryptogamiques, peut engendrer la coulure au moment de la floraison et prédispose aux gels de printemps, quand la neige stationne encore à basse altitude, ou aux chutes de grêle estivales.

 

La filière vinicole « vins de Savoie » comprend 4 coopératives, 10 négociants et près de 1000 producteurs. Parmi ces producteurs, les 2/3 vinifient sur leur exploitation et doivent donc assurer la commercialisation de leur vin, soit directement, soit par l’intermédiaire du négoce.

La « Savoyarde »

Il s’agit d’une nouvelle bouteille créée en partenariat par le Syndicat Régional des Vins de Savoie, Saint Gobain et BSN, et mise en service par les AOC en 1991. Ce flacon, compromis original entre la « véronique » et la « bourguignonne », est marquée de la Croix de Savoie à l’épaule. L’habillage de la bouteille reste inchangé. Il doit règlementairement comporter le nom de l’AOC, le cru éventuel, le titre alcoométrique, le volume net, le nom ou la raison sociale et la commune de localisation de l’embouteilleur.

La capsule sertie coiffant le bouchage porte au sommet le timbre fiscal intégré (congé), de couleur verte pour les AOC.

 

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