GUIDE ANTHOLOGIQUE SUR LE VIN

POEMES SUR LE VIN

GUEULE DE BOIS

 

Te revoici ma vieille nostalgie

Avec tes cheveux dépenaillés qui tombent sur tes frusques dépareillées épuisée par les frasques de ma mémoire les fantasmes de mes insomnies les délires alcoolisés de mes souvenirs le torrent aviné des vieilles histoires les remugles âcres des débines sans gloire des déboires à boire et à reboire comme une insatiable honte qui chute du bar comme un glaçon dans un scotch comme une pierre au cou comme une corde au pied…

Te revoici ma vieille nostalgie

Ton spectre transparent qui hante mes vers comme un renvoi aigre quand les cheveux me font mal quand le présent s'étale dans un pâle ennui qui se lève après la marée trouble de la nuit qui a tout emporté dans ses replis glauques d'un long relent de mauvais vin versé par les mânes fantomatiques des amours mortes que les spots ressuscitent juste le temps d'un naufrage dans l'ombre de tes bras ouverts comme un goulot qui brûle le temps qui me reste d'un cul sec radical…

Te revoici ma vieille nostalgie

Je me repasse ton sourire qui danse encore ton corps appris par cœur qui se tord et se plie dès lors aux plaisirs d'autrui aux cris qui transpercent ma nuit d'orgasme amer qui me consume pour rien quand le flot déverse ses images d'un vieux cinéma muet où manquent les séquences censurées alors je me déchire en logorrhée liquide dans le décompte approximatif des tournées interminables qui se perdent dans l'empilement des coudes levés pour mieux laver ces moments où je te tenais en chair et non en verre là où je veux chercher le génie oublié qu'il me faut réveiller d'un baiser de whisky…

Te revoici ma vieille nostalgie

C'est toi que je guette encore accroché à mon iceberg je scrute le destin de ton Titanic pour miraculeux sauveteur pouvoir te recueillir dans ce puits sans fonds dans ces mers sans soif que je vide d'un trait dans le lit glacé de ce bar anonyme où tout le monde te connaît où ton sourire est à vendre au fil des phrases que je verse sur l'inconnu qui passe le quidam du comptoir car toi qui ne m'as connu que marin sache que je suis devenu amiral et que je noie le monde entier sous ma mémoire quand me remonte de la cave le nectar de nos corps embarqués dans un voyage sans lie…

Te revoici ma vieille nostalgie

Oh ! pourtant j'ai été si grand oui je sortais avec Vénus et je naissais de son écume oui je naviguais sur ses hanches elfe favori de la fée et je dessinais l'aurore sur son sourire en un poème lumineux et les matins caressants de nos mains dansaient sur ses lèvres quand l'aube nue devenait une auberge de pureté et que le soleil courbé me quémandait ses rayons oui je transperçais de mes désirs l'horizon banal des pirogues chahutées je volais au-dessus du temps et j'inventais le silence pour poser mes mots sur le corps de la déesse quand l'amour sculptait son axe dans l'équation résolue de nos âmes enchâssées quand la vertu se rendait d'un seul geste pour renaître dans la grâce reconnaissante de ses soupirs pour flamber mon sang dans l'incandescence de ses yeux fermés de nos vies vouées nos instants soudés nos serments scellés…

Te revoici ma vieille nostalgie

Tu es loin aujourd'hui ton silence d'effroi incarcère mes insomnies de son long mépris et je cherche sur les murs déserts les tapisseries d'antan les fresques d'autrefois les émois de nos deux " moi " mués en " nous " nos nues magiques nos parties gratuites toujours gagnées au flipper de nos cœurs tout est si loin et de ce temps barré il ne me reste que ce bar où je chute en quête d'équilibre puisque tu m'as soufflé tous les parfums de la vie nocturne je ne suis plus qu'un oiseau de mauvais augure qui se perd de vol concentrique en alcool excentrique au long des rues tumultueuses de l'absence dans ce Paris maudit qui te retient quelque part à l'autre bout de moi là où je ne suis pas…

Te revoici ma vieille nostalgie

Allez venez que je vous narre mon dernier cauchemar venez que je vous décrive comment j'ai bafoué la beauté comment j'ai humilié la sirène pour mieux me retrouver ici comme un pochard dans le cachot ivre du désespoir venez allons nous finir ailleurs si le tôlier ne veut plus de nos pauvres sous s'il a assez vu ces buveurs pénitents qui embouteillent son paysage de rasades trop bavardes allons jusqu'au bout de nous-même achever de suivre nos vieux vins… 
N'importe comment dans le linceul du lendemain j'écoperai encore le rire rituel de ton fantôme têtu qui à chaque chute me tire par les cheveux… 
Vois-tu le seul moment où tu n'es pas là c'est quand je te bois… 
Alors ma vieille nostalgie sache-le je te viderai jusqu'à la dernière goutte de mon dernier verre et je te renierai d'un ultime hoquet d'un rôt brutal tel un point final…

Par ce rôt fatal je t'éructerai enfin de moi 
Ma vieille nostalgie

 

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