GUIDE DES TERROIRS REGIONAUX

LES GRANDES REGIONS VINICOLES

HISTORIQUE DU BEAUJOLAIS ( 1 sur 2 )

1-Introduction - 2-Des origines au XV ième siècle - 3-Du XV ième siècle à nos jours
4-Personnages célèbre - 5-Vigne et vin au fil du temps - 6-Naissance des AOC

Le Beaujolais doit son nom à la maison des Beaujeu. La trace du premier seigneur de Beaujeu apparaît aux alentours de 950. Il s'appelait Bérard et était un homme avisé dont le château, bien assis au-dessus de l'Ardières, dominait fièrement le pays de Beaujeu. Durant les IXe, Xe et Xie siècles, les Sires de Beaujeu se taillèrent un territoire important. Ils firent du Beaujolais un état tampon entre le Mâconnais et le Lyonnais.
1140, Humbert III fonde Villefranche.
1260, Guichard V gratifie la ville du droit de sceau, lui concédant ainsi une personnalité juridique.

1 - INTRODUCTION

Au XIVe siècle, sous Antoine de Beaujeu, la province Beaujolaise était très vaste :Elle s'étendait au Nord jusqu'au Mâconnais et à la Saône-et-Loire
A l'Ouest, elle comprenait les Monts du Beaujolais jusqu'à la Loire. A l'Est, elle comprenait une partie du département de l'Ain. Au Sud, elle descendait jusqu'à Villefranche.

1400, Edouard de Beaujeu fait don de ses terres aux Bourbon ; l'un d'eux, Pierre de Bourbon, épouse Anne de France, fille de Louis XI, dite Anne de Beaujeu.Durant cette période, le Beaujolais profite largement du mécénat de ce couple. Sur leur initiative, fut construit le grand portail de Notre Dame des Marais à Villefranche en 1500.

1514, Anne de Beaujeu donne ses armes à Villefranche et la nomme Capitale du Beaujolais.
La période des Bourbons s'achève en 1527, après la trahison du Connétable Charles III qui voit tous ses biens confisqués. Le Beaujolais devient alors l'apanage de la famille d'Orléans.

A partir du XVIIe siècle, Villefranche affirme son activité industrielle, les tanneries s'installent le long du Morgon, l'industrie textile se développe et la bourgeoisie s'enrichit. La Révolution arrive, l'échevinage est remplacé par un conseil municipal et la milice par une garde nationale. Désormais, l'histoire du Beaujolais va se confondre avec celle de la nation.

1789 : Création du département du Rhône et Loire

1793 : Séparation des 2 départements : celui du Rhône et celui de la Loire. 
Au XIXe siècle, le Beaujolais est une grande région européenne du textile comme à Villefranche (confection), Tarare (capitale de la mousseline), Amplepuis, Thizy, Cours-la-Ville…
Au XXe siècle, le Pays Beaujolais se structure progressivement entre les 3 secteurs économiques actuels : Le Commerce et l'industrie Le Vignoble L'agriculture-élevage et la production forestière.

2 - AU XIV SIECLE

Ainsi qu'en attestent des outils de silex et autres vestiges découverts en différents lieux, la région a été occupée par l'homme dans les temps les plus reculés. Plus près de nous, jusqu'à la conquête par les légionnaires de Jules César, les Eduens au nord et les Ségusiaves au sud occupaient le territoire. Ils cohabitaient vraisemblablement avec de petites " colonies " Ligures qui avaient fui leur pays d'origine. Certains pensent que les noms de villages terminés en "as" Odenas, Arnas, Taponas, Juliénas, Chénas seraient d'origine ligure. En 59 avant J.C., Orgétorix, chef d'une tribu helvète traversait la Gaule d'est en ouest avec l'accord tacite, semble-t-il, des Eduens. Mais, craignant d'être attaqués par ces migrateurs, les Ségusiaves appelèrent les Romains à leur secours. Ceux-ci intervinrent, une grande bataille eut lieu à proximité de la Saône. Des objets recueillis lors de fouilles et de dragages aux abords de gués témoignent de la violence de ces affrontements. Dans la foulée, les Romains profitèrent de l'occasion pour conquérir le pays. Ils créèrent un réseau routier, pour acheminer les marchandises depuis les zones de production jusqu'à la voie militaire tracée par Agrippa, gendre d'Augustin, entre Lyon et Boulogne (notre actuelle RN6), et jusqu'à l'Arar (la Saône) sur laquelle la navigation était importante. Quelques siècles plus tard, les descendants de Charlemagne signèrent, en 843, le traité de Verdun qui partageait l'empire entre Charles, Lothaire et Louis. Le traité, qui fut le premier rédigé en langue romane (transition entre le latin et le français) avait été négocié à Saint-Romain-des-Isles, à Ancilia, une île proche de Saint-Romain des Îles, au nord de Belleville/Saône. Peut-on dire à partir de cela que le Beaujolais est un berceau de l'histoire européenne ? C'est à la date de 1031, qu'apparaît, dans le Cartulaire de Saint-Vincent, le nom de Bellijocum. L'abbaye de Cluny, fondée au Xe siècle, fut aussitôt convoitée par ses voisins. A cette époque la vallée de l'Ardières était commandée par le château de Pierre-Aigüe, au-dessus de Beaujeu. L'abbé de Cluny apporta son soutien au sire de Beaujeu s'assurant ainsi un allié dans sa lutte contre les comtes de Mâcon, de Forez, et les archevêchés de Mâcon et de Lyon. Ambitieux, plutôt frondeurs et volontiers batailleurs, les sires de Beaujeu répondirent à cette attente. Ils ne s'en tinrent pas là, pendant plus de quatre siècles, guerroyant, épousant ou s'alliant à de grandes maisons, ils n'eurent de cesse d'étendre leurs possessions. Leur Beaujolais fut beaucoup plus étendu que celui que nous connaissons.

Parmi les acteurs de cette brillante saga, nous retiendrons quelques noms :

Béraud ou Bérard, le premier dont le nom apparaît dans les écrits ; c'était en 957. C'était un homme avisé dont le château, bien assis au-dessus de l'Ardières, dominait fièrement le pays de Beaujeu. Durant les IXe, Xe et XIe, les Sires de Beaujeu se taillèrent un territoire important. Ils firent du Beaujolais un état tampon entre le Mâconnais et le Lyonnais.

Guichard III (1094-1137) qui acheva sa vie à Cluny après avoir fondé l'église Saint Nicolas autour de laquelle la ville de Beaujeu s'est construite.

Humbert III (1137-1179) qui participa à une croisade, fonda Villefranche (vers 1140), l'abbaye de Belleville et son église nécropole des Sires de Beaujeu.

Guichard IV dont le mariage avec Sybille de Hainault, belle-sur de Philippe Auguste, l'apparenta, lui et ses descendants, au roi de France. Guichard mourut à Douvre en 1216 alors qu'aux côtés du prince Louis, il combattait Jean Sans Terre.

Humbert V, son fils, était un homme de guerre. Pour son cousin Louis VIII il conquit le Languedoc, ce qui lui valut d'être fait connétable. Il mourut en 1250 sous la bannière des Croisés.

Guichard V signa la première charte écrite de Villefranche (que les édiles municipaux sont fiers de présenter encore aujourd'hui). En 1265 il mourut sans enfant ayant désigné sa sœur Isabelle pour lui succéder.

Isabelle fut l'intermédiaire d'une bifurcation dans la lignée. Son époux n'était autre que Renaud de Forez et à son décès, sa veuve céda l'héritage à son fils cadet Louis. Louis, lui-même époux d'Eléonore de Savoie, réalisa sur son nom, la réunion de trois grandes familles !

Guichard VI succéda en 1295 à son père. Ses faits d'armes dans les armées royales lui valurent d'être connu sous le nom de Guichard le Grand. Au passage, il obtint de l'archevêque de Lyon de percevoir un péage aux Brotteaux.
Son fils Edouard 1er lui succéda en 1331. Il suivit les traces de son père dans la carrière militaire en guerroyant aux côtés de Philippe VI. Seigneur de Beaujeu, Edouard 1er fut surtout un capitaine du roi de France. Son épouse, Marie du Thil, ne le voyait que rarement. Installée à Juliénas, elle dirigeait avec habileté les affaires de la baronnie. Edouard perdit la vie, au service du roi à Saint Omer en 1350.

Son fils, Antoine, lui succéda. Compagnon d'armes de du Guesclin grâce auquel la guerre de cent ans prit une nouvelle orientation, il fut lui aussi très actif sur les champs de bataille. C'était un seigneur généreux, brillant, qui aimait le luxe.Dernier sire de Beaujeu, Edouard II, cousin d'Antoine, lui succéda en 1374, il héritait des lourdes dettes contractées par ses prédécesseurs (le service du roi coûtait cher). Mais il n'eut pas les mérites de ceux-ci (des écrits affirment qu'il pouvait être odieux et cruel). N'ayant pas d'héritier, il fit don en 1400 de la totalité de ses biens au duc Louis de Bourbon. C'est ainsi que s'acheva la saga des Sires de Beaujeu.

3 - DU XV SIECLE A NOS JOURS

Au XV siècle, le Beaujolais échut, en 1456, à Pierre de Bourbon, fils cadet du duc Charles 1er, qui épousa, en 1473, Anne de France, fille de Louis XI (dont son père disait qu'elle était " la moins folle femme de France "). En 1488, sous le nom de Pierre II, il devint le 7e duc de Bourbon. A la mort de Louis XI, en 1483, et pendant la minorité de son frère Charles VIII, Anne de France devient régente. Elle gouverna avec compétence, sans pour autant se désintéresser du Beaujolais qui bénéficiait de sa générosité et de celle de Pierre II

Ils subventionnèrent l'hôpital, et firent réaliser, entre autres, le grand portail de Notre-Dame des Marais à Villefranche. Une paix relative régnait alors dans la région, elle permit de retrouver une certaine prospérité, et contribua au développement et à l'embellissement de Villefranche. En 1514, Anne de Beaujeu accordait de nouvelles armes à cette ville, qui avait pris définitivement la suprématie sur Beaujeu.

Suzanne, fille de Pierre et Anne, épousa le Connétable Charles de Bourbon-Monpensier qui se couvrit de gloire à Marignan. Mais avant de mourir, en 1527, il se rallia à Charles-Quint. Aussitôt, François 1er confisqua tous ses biens. De passage dans la région, à l'occasion des guerres d'Italie, le roi séjourna à Villefranche.

Lors des guerres de religion, les troupes du Baron des Adrets, chef des protestants, firent de nombreuses incursions en Beaujolais. En 1562, elles assiégèrent Villefranche qui résista vaillamment. Famine et peste frappaient les populations. Des maladières et quarantaines permettaient de soigner les pestiférés hors des villes, des chapelles et oratoires étaient dédiés à Saint Roch (on en retrouve les témoignages dans des noms de lieux et d'édifices). Des Hôtels Dieu spacieux permettaient d'accueillir les pauvres malades à Villefranche et à Belleville.
Le neveu du connétable Charles, Louis de Bourbon-Monpensier récupéra son héritage en 1560. Sa descendante Marie de Bourbon-Monpensier ou Montpensier, née en 1605, épousa Gaston d'Orléans dont elle eut une fille unique qui ne fut autre qu'Anne-Marie-Louise d'Orléans, duchesse de Monpensier, princesse de Dombes et baronne du Beaujolais, généralement connue sous le nom de la Grande Mademoiselle. A sa mort, en 1693, elle fit de Philippe d'Orléans, frère de Louis XIV, l'héritier de ses biens.

Sous le règne du Roi Soleil, le Beaujolais avait retrouvé la paix. Faisant route vers l'Espagne pour y épouser l'infante, Louis XIV s'arrêta à Villefranche en 1658, il était accompagné de la Reine Mère, de Mazarin et de la Grande Mademoiselle. En 1695, le roi reconnut par lettres patentes l'Académie Royale de Villefranche (la 5e de France) - une société savante toujours très active aujourd'hui.

En dehors des luttes sanglantes qui opposèrent jacobins et muscadins, du tragique destin de Manon et Jean-Marie Roland de la Platière, le Beaujolais eut à déplorer plusieurs victimes, par exemple, l'exécution sur l'échafaud des chanoines de Villefranche.

Jusqu'à la mort sur l'échafaud, en 1793, du dernier baron du Beaujolais, Louis Philippe d'Orléans, les héritiers des sires de Beaujeu ne montrèrent guère d'intérêt pour la région. Ce qui n'empêcha pas celle-ci de prospérer. C'est en effet à partir du XVIIe siècle que Villefranche affirma son activité industrielle, les tanneries s'installant le long du Morgon ; l'industrie textile se développa et la bourgeoisie s'enrichit. Le Comté faisait alors partie du gouvernement du Lyonnais.

Le 4 mars 1790, conformément aux mesures décrétées par l'Assemblée Nationale Constituante qui divisait la France en 83 départements, les anciennes provinces de Lyonnais, Forez et Beaujolais formèrent le département de Rhône et Loire.

Suite à la rébellion de Lyon, le département de Rhône et Loire fut scindé en deux en 1793, constituant les départements du Rhône et de la Loire par décret du 29 brumaire de l'An 2. A partir de là, l'histoire du Beaujolais se confond avec celle de la France.

Bernard Frangin note dans le guide du Beaujolais : "la région reste toujours opposée au second empire, et dès 1871, toutes les consultations électorales penchaient vers ce qu'on appelait alors les "républicains". Au point qu'à partir de 1881, les monarchistes renoncèrent même à présenter des candidats."
Durant le XIXe siècle, le Beaujolais devint une grande région européenne du comme à Villefranche (confection), Tarare (capitale de la mousseline), Amplepuis, Thizy, Cours-la-Ville...
Le temps passa avec les heurs et malheurs qui marquèrent l'histoire de la France. On retiendra que lors de la seconde guerre mondiale de nombreux maquis s'organisèrent dans tout le Beaujolais. Ils payèrent un lourd tribu en vies humaines.

Bernard Frangin, encore lui, rappelle la remarque de René Lacour, Directeur des archives départementales du Rhône : "le Beaujolais a toujours fait preuve d'indépendance et d'autonomie...".
C'est un trait de caractère qui semble inscrit dans les gènes des habitants du Beaujolais. Capables de discipline lorsqu'ils se l'imposent eux-mêmes, ils sont toujours prêts à réagir aux diktats venus d'ailleurs pour peu qu'ils leur apparaissent obscurs ou injustifiés.

 

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