GUIDE DES TERROIRS REGIONAUX

LES GRANDES REGIONS VINICOLES

HISTORIQUE DU BEAUJOLAIS ( 2 sur 2 )

1-Introduction -2-Des origines au XV ième siècle - 3-Du XV ième siècle à nos jours
4-Personnages célèbre - 5-Vigne et vin au fil du temps - 6-Naissance des AOC

4 - PERSONNAGES CELEBRES

Outre ceux qui, directement ont fait l'histoire, des personnages célèbres sont nés en Beaujolais, ou y ayant vécu, ont laissé leur empreinte et des souvenirs qui font partie de la culture beaujolaise : Jean Marie de la Platière, né à Thizy en 1734 et son épouse parisienne née Jeanne-Marie Philipon en 1754 (Manon Roland), eurent une activité politique importante. Gaspard Riche baron de Prony est né à Chamelet en 1755. Des études brillantes à l'école des Ponts et Chaussées de Paris, firent de lui un grand mathématicien, mais aussi un praticien de grand mérite. Benoit Raclet est né à Roanne en 1780. Il épousa en 1808 Marthe Chaumet dont le père possédait un important domaine viticole à Romanèche. En 1815, le couple s'installa en Beaujolais. Claude Bernard est né le 12 juillet 1813 à Saint-Julien-sous-Montmelas où son père exploitait le domaine du Chevalier de Quincieux. Il fit des études au collège de Thoissey, puis un apprentissage chez le pharmacien Millet à Lyon, et enfin des études de médecine à Paris Victor Pulliat naquit le 27 avril 1827 au domaine de Tempéré, à Chiroubles. Très jeune il s'intéressa à la botanique, et réunit sur les coteaux de Tempéré une importante collection ampélographique qui ne comptait pas moins de 1.200 sujets différents. Il créa en 1869, la société régionale de viticulture de Lyon. C'est à Beauregard, dans l'Ain, que naquit Victor Vermorel le 28 novembre 1848. En 1853, son père, un artisan ingénieux et inventif installa son atelier de machinisme agricole à Villefranche. Dès son adolescence Victor fit preuve d'une curiosité inextinguible, d'un esprit d'invention rarement en défaut et d'une grande ouverture aux autres et au monde.

Les frères Voisin : Gabriel né en 1880 à Belleville-sur-Saône et Charles né à Lyon en 1882 furent les premiers constructeurs d'avions à l'échelle industrielle. 

Pierre Montet, est né à Villefranche en 1885. Éminent égyptologue il dirigea d'importantes fouilles à Byblos (1921-1924) et à Tanis (1929-1951) où il découvrit une nécropole royale inviolée de la XXIe dynastie.

C'est à Salles-en-Beaujolais que se rencontrèrent les parents de Lamartine.

C'est en séjournant, en 1946, en Beaujolais, que Colette rédigea quelques pages du "Fanal Bleu".
En 1670, au retour d'un voyage à Grignan, Madame de Sévigné résida au château de Bagnols

Gabriel Chevallier, romancier né à Lyon en 1895 écrivit un ouvrage anecdotique, sur un village beaujolais qu'il baptisa Clochemerle, et dont on peut situer l'action truculente et savoureuse à Vaux en Beaujolais.

Utrillo résida avec sa mère Suzanne Valadon et Utter son beau père à Saint-Bernard, village proche de la Saône, dans l'Ain. Il traversait souvent la rivière, tant pour trouver l'inspiration dans les doux paysages beaujolais - il peignit entre autre le moulin à vent - que pour user et parfois abuser, de sa principale production.

Saint Exupery et Theillard de Chardin furent élèves au collège de Mongré à Villefranche.

Conte, l'inventeur du crayon épousa une caladoise, mademoiselle Humblot.

Maurice Baquet est né à Villefranche, sa mère y tenait un commerce de linge de maison. L'acteur musicien est resté très fidèle à son Beaujolais natal, et il n'est pas rare de le rencontrer lors de manifestations locales.

Claude Brossette, érudit français est né à Theizé en 1671. Ami de Boileau il en publia les œuvres après sa mort. Il participa à la fondation de l'académie de Lyon en 1724.

Ceux qui ont écrit sur le Beaujolais ont souvent fait référence à Paradin. Il s'agit de Guillaume Paradin qui, né en 1510, fut nommé chanoine de la collégiale de Notre Dame de Beaujeu en 1545. (suite...)

Ils évoquent aussi Louvet. C'était Pierre Louvet qui séjourna de 1669 à 1672 à Villefranche tandis qu'il était recteur au collège de Villefranche. On lui doit une Histoire du Beaujolais dont une copie se trouve à la bibliothèque de Lyon.

François Brac de la Perrière (1725 - 1800), avocat au Parlement de Paris et échevin de Lyon, était issu d'une grande et vieille lignée beaujolaise. Il publia un ouvrage sur le commerce des vins, souvent cité, les idées qu'il y exposaient semblent encore très "actuelles".

5 - VIGNE ET VIN AU FIL DU TEMPS

Les découvertes archéologiques font connaître l'importance de l'occupation romaine sur le territoire français. De toute évidence, cette population d'origine méditerranéenne qui pratiquait la viticulture et appréciait le vin, a assuré la diffusion de cette boisson privilégiée, soit par le commerce, soit par la culture.D'innombrables amphores provenant du négoce lyonnais ont été retrouvées dans le sol de la ville.

Roger Dion, dans son ouvrage "Histoire de la Vigne et du Vin", "des origines au XIXe siècle", cite un discours prononcé devant un envoyé de l'Empereur Constantin "... ces vignes admirées seulement de ceux qui en ignorent le véritable état, sont tellement épuisées de vieillesse que c'est à peine si elles ressentent encore les soins que nous leur donnons..."

Une telle vieillesse en Bourgogne autorise à penser que sur la route Lyon-Autun qui traversait le Beaujolais, on devait trouver des " relais ", sinon un vignoble, du moins en consommation.

Asa Paulini (Anse) et Ludna-Lunna (St Georges-Belleville) sont citées par les itinéraires " touristiques " du temps (Carte de Peutinger et itinéraire d'Antonin). Comme ils ne sont pas qualifiés de villes d'eau, il est permis de penser que l'on y servait plutôt du vin

Toutefois, quelques arpents de vigne ne font un vignoble que si de bonnes conditions sont réunies : un produit de qualité, une quantité suffisante, des moyens de transport, une clientèle.

Le Beaujolais, sur ces points, est bien pourvu : terroir et orientation favorables, proximité de la Saône navigable, petites villes (dont l'une deviendra grande).

Dans les cartulaires des chapitres de Mâcon et des abbayes telles que Cluny, dès le Xe siècle, les paroisses beaujolaises sont citées, preuve de l'existence d'une population assez importante. Sur le granit beaujolais, seule la vigne offre une culture prospère.

La population des antiques paroisses ne pouvait qu'être vigneronne et les cartulaires le confirment. Dans toutes les transactions rédigées, la vigne apparaît, parfois le vin, en redevance. C'est à la vigne que l'on doit la première mention de Bérard, sire de Beaujeu. Avec son épouse Emelt, il négocie une vigne à Morgon en l'an 957.

Par la suite, la chaîne ne se rompra que dans les périodes difficiles, ravages de la Guerre de Cent Ans, pestes, famines. Guerres de Religion, Grande Révolution de 1789 à 1800, invasion du phylloxéra et gelée noire de 1880. Après chaque crise, il faut replanter, réparer les désastres, avec chaque fois l'impression d'une nouvelle naissance. Le discours d'Autun évoquait le travail des fosses à la profondeur voulue et le provignage, pratiques qui ont duré longtemps.

Peu à peu, des nouveautés sont survenues, avec Olivier de Serres au XVIIe siècle, avec les Sociétés d'Agriculture au XVIIIe, avec Chaptal et l'Abbé Rozier, avec l'École de Montpellier au début du XIXe, avec le développement de la mécanique et de l'industrie chimique au début du XXe, avec les écoles de greffage après le phylloxéra, avec l'arrivée du chemin de fer vers 1850, avec les organisations syndicales, mutuelles et coopératives, tout au long du XXe.

La nature qui est la mère nourricière de la vigne est aussi sa pire ennemie. Elle l'accable d'intempéries et de prédateurs divers.Jusqu'à l'arrivée du soutien des produits chimiques, la seule protection implorée était celle de la Vierge et des Saints.A Vernay, à Lacenas, à Montmerle et en d'autres lieux, les villages au grand complet, se rendaient en pèlerinage, en général pour le 8 septembre.La dernière chapelle érigée dans ce but est celle de Notre Dame de Brouilly et date de 1857.
Curieusement, la première démarche scientifique au service de la vigne a consisté dans l'usage de l'eau bouillante mis au point à Romanèche-Thorins, vers 1830 pour l'échaudage des larves de pyrale nichées dans l'écorce des ceps.

Les rendements ont augmenté, mais de tous temps, il y eut des années fastes, en quantité et en qualité, et inversement des cycles désastreux.

En tenant compte des conditions naturelles et des modifications historiques, on peut estimer à une par siècle, les périodes réellement de franc succès. Le renouveau du bâtiment les jalonne.

Ainsi voit-on les églises du XIIe siècle, les belles maisons fin XVe-début XVIe, quelques demeures Louis XIII, beaucoup de XVIIIe et encore plus de Second Empire-fin du XIXe et pour finir, les constructions récentes de la fin du XXe.

En 1697, le curé Gaitte de Quincié déclare que la surface en vigne dans la paroisse est égale aux 3/8 de la surface cultivable.
Il faut pour les indispensables vaches, autant de prés que de vignes. 6/8 ou 3/4 sont ainsi employés, ne laissant qu'un quart pour la nourriture des habitants, paysans et artisans.
Bien que moins importants qu'actuellement, les rendements n'en excitaient pas moins la convoitise. Dès le début du XIIe siècle, on connaît les transactions autour des dîmes de Brouilly sur St Lager. Elles se partagèrent, jusqu'à la Révolution, entre le seigneur du lieu, les chanoines de St Paul de Lyon qui possédaient leur pressoir sur la colline et au curé, une petite part.

6 - NAISSANCE DES AOC

De tous temps, la production vinicole a été très réglementée : Interdiction de planter (Domitien, en 92) que leva Probus.

Rétablissement du Roi Charles VI en 1415. A Paris, trois sortes de vins sont reconnus : vins français de l'Île de France, vins de la Loire, vins de Bourgogne. Le Beaujolais sera de Bourgogne par Mâcon ou de la Loire en empruntant le fleuve.

En 1684, Mlle de Montpensier obtint l'intégration du Beaujolais dans les provinces du nord. Le commerce avec Paris devint normal.

Pour autant les frais de voyage ne furent pas réduits. Entre transports et péages, ils étaient considérables. Le transport par terre était estimé à 10 livres, par eau à 5 livres et le déchet à 4 livres. Suivant les années, les prix variaient de 35 à 80 livres par pièce. Les marchands s'enrichissaient surtout par la revente au détail sur la ville de Paris, vente pour laquelle il fallait un privilège.

Le vigneron, au pays, ne gagnait pas beaucoup. Il vivait en autarcie et quelques pièces d'argent lui procuraient une petite aisance.

Les habitants de Lyon bénéficiant du titre de bourgeois par leur naissance et leur résidence jouissaient du droit de vendre leur récolte de l'année, sans payer aucun droit de détail. De sorte que la plupart des propriétaires beaujolais s'organisaient pour être considérés " bourgeois de Lyon ". Les marchands ne profitaient pas de ce commerce. D'où leurs grands efforts pour envoyer le vin à Paris et au-delà.

Le Beaujolais, au XVIIIe siècle, était très apprécié des parisiens mais curieusement recherché comme " vin clairet ". Les noms des crus sont connus hors de la région depuis longtemps comme ceux de " bons pays ".
Le Beaujolais n'est complanté que d'un cépage unique, le Gamay. Contre toute logique et parce que joue le mystérieux accord avec la nature géologique du sol, le bouquet du vin varie de place en place. Le Beaujolais est un vin " jaloux ", ce qui signifie qu'il rend les contrées " jalouses " entre elles. La dégustation tient une position supérieure dans les chais et les caves.

Tout naturellement, l'idée de "classement" s'est imposée. A l'établissement du cadastre, dans les années Révolution-Premier Empire, les vignes furent ordonnées en "classes", puis on passa aux catégories... Pendant la guerre de 14-18, seules les premières " catégories ", un, deux et trois n'étaient pas réquisitionnées pour l'armée.

Vint ensuite l'idée d'allier classement et origine géographique qui aboutit à la situation actuelle des "Appellations d'Origine Contrôlées", sous le contrôle d'un institut national.

1927 : définition du Moulin à Vent,
1935 : définition de l'ensemble des appellations,
1988 : dernière naissance d'un nouveau cru : Régnié.

 

 

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